Formation des utilsateurs d'un système d'information sanitaire
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Pourquoi le paludisme coûte cher à l'Afrique

Donc, lourdement touchées, les entreprises sont aussi les mieux placées pour lutter contre la maladie. En Afrique où le principal défi pour le secteur public est d'atteindre les villages reculés, les autorités peuvent donc s'appuyer sur elles. "Ce sont les entreprises qui possèdent le savoir-faire en matière de logistique, d'achats et d'approvisionnement ainsi que les ressources humaines nécessaires", observe le Dr Van Erps. Conscient de l'occasion que représente une telle collaboration, RBM encourage ce partenariat public-privé. Les projets collaboratifs déjà mis en place ont d'ailleurs montré leur efficacité. Au Bénin par exemple, trente entreprises se sont engagées dans la lutte contre le paludisme. Cela a permis de sensibiliser 150 000 travailleurs depuis trois ans et de faire que 60 % des personnes dorment sous des moustiquaires imprégnées. Conséquence : l'absentéisme a baissé de plus de 50 %. Un résultat qui a donc un impact économique indéniable.

Les entreprises peinent encore à s'investir

Cela dit, malgré les efforts de RBM, le secteur privé peine à collaborer avec le secteur public. "Les entreprises investissent encore de manière isolée et restent très souvent en dehors des processus d'élaboration et de mise en oeuvre des plans stratégiques nationaux de lutte contre le paludisme", regrette RBM dans une étude réalisée avec l'association Santé en entreprise. Les projections laissent pourtant rêveur. "En RDC, 14 % seulement des entreprises sont impliquées. Si tout le secteur privé l'était, cela toucherait 70 % de la population", lance François-Xavier Mwema, chef de division du Plan national de lutte contre le paludisme (PNLP) en RDC.

Mais alors, qu'est-ce qui rend certaines entreprises réticentes ? C'est souvent la difficulté à chiffrer le retour sur investissement (RSI). La lutte contre le paludisme demande des efforts constants, donc une importante mobilisation de ressources. Problème : à partir d'un certain niveau, seuls de quelques grands groupes tels que Lafarge ou Rio Tinto peuvent s'impliquer efficacement. "Nous avons engagé 18 000 dollars pour distribuer des moustiquaires et sprays répulsifs aux employés, 19 000 dollars pour les pulvérisations intradomiciliaires. L'approvisionnement en tests et médicaments uniquement pour un site à Kamsar-Sangaredi nous a coûté 100 000 dollars, sans compter les frais d'évacuation", explique Cheik Ousmane Touré, conseiller santé de Rio Tinto, deuxième groupe minier au monde et présent sur une zone endémique en Guinée-Conakry. L'autre frein à l'implication des entreprises, elles ne détiennent pas l'expertise médicale nécessaire. "Nous devons faire appel à des prestataires afin de réaliser des audits et des études entomologiques qui coûtent au moins 50 000 dollars", ajoute-t-il. Des dépenses d'autant plus importantes qu'elles ne sont pas exonérées de taxes, ce qui encouragerait pourtant les entreprises à se lancer. Mais les gouvernements africains, réticents, craignent les risques de fraudes.

Si le géant minier anglo-australien n'a pas encore chiffré le retour sur investissement, il a bien compris l'enjeu que représente la santé de ses travailleurs. "C'est nous qui sommes impactés. L'absentéisme et la baisse de la productivité de nos travailleurs entamaient notre réputation au niveau national et international et amenaient le groupe à perdre ses bons travailleurs. Nous connaissons mieux nos salariés que des organismes extérieurs, il est donc plus facile pour nous d'implémenter les méthodes de lutte contre la maladie. Depuis que nous avons mis en place ces mesures, la courbe d'absentéisme a baissé de 30 %. C'est très rentable pour nous", explique M.Touré.

Pour les PME, la solution pourrait venir des coalitions d'entreprises

Une solution permet de contourner l'obstacle des coûts et de faciliter la participation des PME : les coalitions interentreprises. Celles-ci peuvent permettre de mutualiser les moyens et de partager les informations. Sur ce plan, l'Afrique francophone accuse du retard par rapport à ses voisins anglophones. "En effet, seuls neuf pays sur vingt disposent de telles coalitions", indique RBM. Afin de les encourager, une feuille de route a été établie par les entreprises, sous la houlette des programmes nationaux de lutte contre le paludisme des différents pays ainsi que de Roll Back Malaria. Objectif prioritaire : la prévention. Deux voies s'offrent : l'éducation des populations, d'une part, et la communication sur la maladie, d'autre part. Parmi les mesures qui devraient être incontournables : les campagnes de pulvérisation intradomiciliaires et la distribution des moustiquaires imprégnées. Du côté des soins, l'accent a été mis sur les tests. Ceux-ci permettent de s'assurer du bon diagnostic, mais aussi d'élargir les soins à domicile.

Il n'y a donc pas de doute. Une plus ample participation du secteur privé aiderait à combler le fossé entre les besoins de la lutte contre le paludisme, estimés à 5 milliards de dollars par an, et les aides effectives, apportées essentiellement par le Fonds mondial, le gouvernement américain ou la France. Ceux-ci plafonnent à 2,5 milliards de dollars. Une somme appréciable qu'il convient de compléter pour que le paludisme ne continue pas à être ce boulet qui, après avoir hypothéqué pendant longtemps le décollage de l'Afrique, va en ralentir l'émergence qui lui est désormais promise.

 

Source : http://www.lepoint.fr/afrique/economie/pourquoi-le-paludisme-coute-cher-a-l-afrique-25-04-2014-1816115_2033.php

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